Papillon Bungalow.

– « Il paraît que les filles sont compliquées, mais pas moi. »

Je te vois déjà sourire.
Oui, je ne suis pas compliquée parce que dans ce bar cosmopolite, tu m’as vue hésiter cinq minutes entre un Martini blanc et euh… Un autre Martini blanc ; parce que tu m’as vu sourire, renvoyer la serveuse d’une manière peu commune et parce qu’après plusieurs heures, tu m’as entendu dire : « Allez, on s’en va ? ! ».
Je ne suis pas compliquée parce que je savais qu’il y avait une date limite. Je savais que tu ne t’intéressais pas vraiment à moi, mais plus à mon sourire, à mes yeux en amande ou à mes seins et que cela ne me dérangeait pas.
J’avais déjà réalisé que j’étais devenue un produit de consommation comme un autre en 27 ans et à cet instant, ça ne me dérangeait pas non plus, car tu en étais devenu un également.

Mais voilà, jouer avec le sexe opposé, c’est comme faire une partie de JumanJi.
Nous savions tous les deux que ça finirait mal… On s’en moque, après tout. On veut absolument terminer la partie. Moi, je ne joue que si j’ai des chances de gagner. Alors, tu lances les dés et on se jette dans la foule humaine, le sourire aux lèvres et sans attendre.

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D’ailleurs, la première fois que tu m’as remarqué, j’étais juste cette fille à l’allure longiligne noyée par cette foule. Une fille avec son grain de voix perceptible et les lèvres peintes en rouge. J’avais même un peu de mascara sur le visage. Je paraissais sûre de moi, mais il n’en était rien. Nos corps réagissant aux mêmes impulsions, je n’en étais pas à mon dernier verre et tu n’allais pas être ma première belle erreur de la soirée.
La musique nous assourdissait. Les gens se bousculaient et l’ambiance était électrique, lorsque tu as subtilisé mon téléphone pour y noter un numéro juste avant de disparaître comme une ombre.
À ce moment-là, je ne savais pas que tu franchirais le seuil de ce bar quelques semaines plus tard ni que tu allais m’embrasser sur un morceau de jazz appelé «Papillon Bungalow».
À ce moment-là, je ne savais rien, mais peut-être que j’aurais préféré savoir ; pour ne pas tomber dans tes bras trop tôt et pour pouvoir encore profiter de tes jolis mots.

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Puis tu m’as proposé un autre soir à un autre jour.
La nuit est tombée, mes barrières aussi. Ce n’est plus le vin que je bois, mais tes paroles. J’apprécie le son de ta voix calme, elle pourrait me bercer encore.
Ce n’est plus le vin, c’est toi. Ce n’est plus le vin, mais moi.
C’est sur la même longueur d’onde que nos vêtements glissent sur le sol et que nos peaux se frôlent. Nous savions tous les deux à ce moment-là, que nous n’étions que de passage. De simples étoiles filantes dans le ciel de l’autre sans savoir si on se croisera demain, mais cela n’a pas d’importance, car tu as été mon étincelle et l’espace d’un instant, tu as éclairé cette partie de moi qui s’était muée dans l’ombre.

Je sais paradoxalement, qu’une étoile filante est seulement la lumière d’un caillou projeté à toute vitesse. Je préfère me dire que c’est une étoile qui meurt lentement. À défaut d’être une véritable supernova, ça faisait une éternité que je ne m’étais plus sentie briller…

C’est un peu grâce à toi.

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